Le chant de la pierre

« Marteau et burin
Ton sourire dans la pierre
Rencontre ma plume ».

« J’ai souvent regardé mon père sculpter. Sculpter, c’est d’abord une vision. Là où je ne vois qu’un bloc épais, dense, impénétrable, il voit déjà la silhouette, la grâce, le mouvement… la vie. C’est son regard, intense, puissant, qui sonde la pierre. Ce sont ses mains, fortes, puissantes, lourdes et légères à la fois. Capables de corriger l’aile d’un nez, une paupière, ou de faire exploser un bloc mais aussi de donner de la transparence au marbre. Un atelier de sculpture, c’est la musique de Wagner, puissante elle aussi, parfois violente, dans toute sa fusion, quand les cuivres ponctuent les coups de marteau.

Quand l’œuvre est née, qu’elle rejoint la galerie, c’est le temps de l’apaisement, de l’harmonie. C’est une plage après l’ouragan, une clairière après l’orage. C’est le Prélude de Bach. Une respiration. C’est un concerto pour clarinette de Mozart, quand la beauté des œuvres fait perler des larmes à nos yeux, le Boléro de Ravel, quand

le mouvement nous entraîne dans une danse infinie. Avez-vous déjà remarqué que l’on a tendance à chuchoter quand on entre dans un tel lieu, un peu comme dans une église ? »

In D’encre et de pierre.

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