Il y a des années…
Où on a le sentiment de vivre une période « charnière ». Où l’on sait que, désormais, rien ne sera plus comme avant. La vie avance, les choses changent, et on a la conscience aigüe de changer aussi. Cette année aura été mon année charnière. Une année qui m’a permis de me « recentrer ». L’opération de ma fille, celle de mon fils et, pour finir, le burin et la pierre de mon père, qui cessent définitivement, de chanter. Peur, colère, chagrin ; toutes ces émotions m’ont bouleversée, m’ont chamboulée. Finalement, elles m’ont permis de grandir, de vieillir peut-être, d’apprendre certainement. Et le deuil.
La pierre ne chantera plus, mais comme l’a écrit le poète, La beauté est l’éternité se contemplant dans un miroir.
Mon père est là. Dans toutes ses œuvres magnifiques. Il est là, dans une chanson de Reggiani. Je retrouve son regard parfois dans mon miroir. je le retrouve dans mes cheveux blancs. J’accepte ma peine, elle est une expression de mon amour.
Ma fille est près de moi, j’entends le rire de mes fils. Celui de l’homme que j’aime.
Et pas très loin, une hirondelle.
La vie est là.
Il ne faut pas pleurer parce que cela n’est plus, mais il faut sourire parce que cela a été. (M Yourcenar)
Sourions.
Merci papa.

