« Un témoignage d’utilité publique qui questionne, interpelle sur la responsabilité de l’État et du corps médical dans le cas des enfants-dépakine.
Les mots d’une mère, entre amour et incompréhension, entre colère et résilience. »
Amélie Quermont
Ce n’était pas le hasard (2026) est un court témoignage, dernier ouvrage de l’auteure normande Christelle Angano. Elle y retrace son parcours de mère surtout, à la lumière d’une information, qui se révèle un scandale, qu’elle n’a eue que tardivement et qui est venue l’aider à comprendre tous les « hasards » malheureux qui avaient jalonné son existence : c’est la prise de Dépakine, en toute confiance pour le corps médical qui n’a rien dit (à l’époque), qui est la cause des souffrances et handicaps de ses enfants.
Je n’en dirais pas plus sur les faits, qui sont exposés dans le livre.
Mon impression de lectrice, peut-être influencée par le fait que je connaisse l’auteure (je ne sais pas) est d’avoir lu, d’une traite, un ouvrage accessible à tous, à « partager » avec tous, même si un scandale médical vous semble étranger à vos préoccupations, car d’une part, la plume n’est pas technique, elle est douce et délicate dans l’exposition des événements (à l’habitude de Christelle), et d’autre part, elle est mesurée : les faits ne sont pas un long lamento mais sont justement sélectionnés pour servir une cause, tout en suscitant, tout de même, une émotion discrète : qui resterait insensible au combat d’une mère, pour sauver, accompagner et rendre heureux ses enfants, malgré tout ? Dénoncer un scandale ici permet de faire réfléchir tout un chacun sur le système médical, sur ses défaillances, et d’essayer de donner espoir, aussi, car il a également ses héros.
Un joli témoignage, qui, s’il est doux parce qu’il est porté par un grand Amour, celui de ses enfants, n’en est pas moins un combat, pour eux mais aussi pour les autres, c’est pourquoi il est utile de le partager, indépendamment du cas individuel.
Un bel hommage, aussi, à la différence qui rend unique. Merci.
J’ajouterais que la confiance en la plume d’un auteur, c’est important. Je n’allais pas bien, et pourtant, j’ai commencé la lecture de ce livre (qui ne paraissait pas conseillée…), pensant bien que Christelle allait trouver le « ton qu’il faut » ; eh bien, étrangement (ou pas…), j’allais un peu mieux en refermant le livre.
Hongrie (Babelio)
Bonjour tout le monde, un post quelque peu inhabituel ce soir. Cela fait longtemps que je ne me suis pas confronté a un bouquin, plus encore que j’en fasse la recommandation afin de conseiller la lecture de celui-ci.Il s’agit de partager le cri du cœur d’une mère (la mienne en l’occurrence ^^) qui livre ses expériences, sur les conséquences désastreuses de la Dépakine durant la maternité. À travers ce témoignage se porte un combat pour une meilleure reconnaissance du handicap et plus généralement de l’inclusion, au sein de notre société. Un livre regorgeant d’émotions, très riche, et qui ne laissera sans doute personne de marbre.
Erwan Gireault-Mafille (sur FB)
Je viens de terminer le livre de Christelle que j’attendais depuis longtemps.
Le récit terrible de l’empoisonnement de ses enfants à la depakine ( traitement pour l’épilepsie qu’elle prenait depuis l’enfance et qu’on ne lui a pas dit d’arrêter pendant ses grossesses ) , un scandale, puisque les effets tératogènes étaient connus .
Ils savaient et ils n’ont rien dit.
Son témoignage , empreint de pudeur, nous bouleverse , elle dénonce sans haine , et elle le fait pour tous ceux qui ne peuvent encore parler ni écrire , et pour informer , pour que cela soit reconnu , merci .
Au delà de ce scandale dénoncé, c’est aussi , le témoignage d’une mère aimante qui fait face aux épreuves et montre le chemin de la vie à ses enfants , différents , et si merveilleux , sans jamais oublier son petit crapaud de la lune
.
Sous la pudeur , la très grande souffrance affleure mais pour être au final transformée en éloge de la différence et en résilience, au sens noble du concept ( Cyrulnik) : victime de grand malheur , on n’en guérit jamais mais on avance dans la vie , malgré tout , en donnant du sens .
Nul doute que ce récit est plein de sens , à tous points de vue .
Merci Christelle pour nous tous ,
Michèle (sur FB)
Je viens de lire le dernier livre de Christelle Angano (Chris Angano ) « Ce n’était pas le hasard » publié aux éditions de la Rémanence:
Je ne sais pas bien pourquoi mais le titre du nouveau livre de Christelle Angano me fait penser à un conte de fée. Et pourtant…
La plupart des contes commencent par « il était une fois ». Celui-ci débute dans les années 70. Il était donc une fois Christelle, une petite fille fragile car épileptique, vous savez cette maladie mystérieuse qui fait peur. J’ai eu l’occasion une fois d’être, adolescente, la voisine au cinéma d’un inconnu qui a fait une crise d’épilepsie en pleine séance et j’avoue que, si je n’ai pas eu peur, je n’ai pas su quoi faire à part crier qu’il fallait rallumer la lumière immédiatement ! Christelle à ce sujet nous apporte d’ailleurs quelques précieux éléments sur l’attitude à adopter à la page 109.
La plupart des contes de fées se terminent par « ils se marièrent et ils eurent beaucoup d’enfants ». Ce rêve va être à la portée de Christelle car elle a rencontré à la fin de l’adolescence « la fée Dépakine » puis un prince charmant. Un garçon (Erwan) va naître en 1990 de cette union (qui ne sera pas touché physiquement car la « fée Dépakine » avait pris des congés lors de la grossesse), puis un deuxième (Juluan) quelques années plus tard. Là, un drame insupportable va se jouer (comme dans beaucoup de contes de fées qui n’en sont pas vraiment d’ailleurs car ils sont souvent cruels). Son deuxième fils va mourir, il n’a que quelques mois…Je n’ose imaginer la douleur des parents, du petit frère et de la famille…Pour autant, la vie reprend ses droits car une fille (Mélina) va pointer le bout de son nez, un véritable rayon de soleil pour qui la connaît, malgré un lourd handicap. Quelques années plus tard, un dernier garçon (Léo) naît, c’est l’enfant d’un deuxième prince charmant. Il va connaître à son tour des problèmes de santé.
La plupart des contes de fées finissent par récompenser l’héroïne qui a été soumise à des épreuves. Christelle a un caractère qui force l’admiration mais elle a aussi une tête bien pleine et elle commence sérieusement à se poser des questions : il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans son histoire : la « Fée Dépakine ne serait-elle pas une sorcière sous ses abords rassurants ? D’autant plus que les différents médecins ne l’ont jamais présentée sous des traits malfaisants, bien au contraire…Christelle se renseigne et découvre qu’elle n’est pas la seule à avoir été dupée : 8601 victimes recensés, 1899 avortements (page 56) et bien d’autres encore certainement ! Elle qui ne se plaint jamais, qui va toujours de l’avant, est aujourd’hui en colère et le fait savoir en utilisant ce qu’elle sait faire : mettre des mots sur ses maux.
Des publications juridiques nous apprennent que le laboratoire Sanofi est mis en examen depuis 2020 sur le plan pénal pour tromperie aggravée, blessures involontaires, homicide involontaire…rien que cela ! Nombre d’enfants ont donc été empoisonnés (comme Blanche Neige). Sur le plan civil, il a aussi été condamné récemment pour défaut d’information.
Ce livre, est une pierre indispensable à l’édifice d’une réparation financière (qui ne réparera jamais) pour les parents, les enfants et l’entourage… En plus de dispenser une véritable leçon de vie, d’amour et de pudeur, Christelle devient bien malgré elle une auteure d’une catégorie bien particulière : une lanceuse d’alerte « littéraire factuelle ». Ceux qui sont concernés par ce scandale, et les lecteurs au sens général, apprendront (ou leur intuition trouvera ici confirmation) qu’on ne peut pas toujours faire confiance aveuglément « à la science ». Ils peuvent lui dire merci.
Nathalie Jaussaud-Obitz, (éditrice)
J’ai lu avec un grand intérêt ton livre qui allie émotion, colère contenue, joie de vivre malgré la souffrance ressentie et l’inquiétude pour l’avenir de tes enfants.
Tu soulèves la question essentielle du pourquoi n’a-t-on pas alerté à temps les patients ?
Une des réponses qui, bien sûr a posteriori, peut paraître beaucoup trop légère et inconséquente est que l’on connaissait les risques de malformations, tels le spina-bifida et la division labo-palatine, malformations facilement détectables à l’échographie fœtale et l’IRM quand celle-ci est devenue accessible (à partir de l’année 1983). Aussi, les prescripteurs se sont dit que, malgré le risque de ces malformations graves, notamment le spina bifida, la surveillance étroite des fœtus de mère sous dépakine conduirait à une interruption volontaire de grossesse.
L’erreur a été de ne pas penser aux conséquences non visibles à l’imagerie échographique ou IRM, ou de les sous-évaluer. En effet, puisqu’il y avait risque de spina-bifida, on pouvait craindre d’autres atteintes du système nerveux et notamment un retard mental. Comme souvent, il y a eu une chaîne de négligences qui part bien sûr du fabricant qui est responsable du produit qu’il fabrique, des instances gouvernementales qui doivent attester que le médicament est efficace et non dangereux, des médecins prescripteurs, médecins généralistes et neurologues, qui doivent connaître les effets positifs et secondaires des médicaments qu’ils prescrivent et en dernier lieu, des pharmaciens qui délivrent ces médicaments.
On aurait pu imaginer que ces derniers demandent à la patiente si elle n’est pas enceinte ou si elle n’envisage pas une grossesse.
Pour finir, tu as eu raison d’écrire ce livre qui met en exergue l’absolue nécessité de prévenir les patients, et particulièrement les femmes enceintes (mais pas que), des effets secondaires des médicaments, au risque de les inquiéter, voire qu’ils interrompent le traitement.
J’admire ton courage d’affronter l’adversité avec tant de force.
B Guillois, médecin et poète.
