L’éléphante et la porcelaine

Quelques nouvelles de plume…
Me voici « lancée » dans une drôle d’aventure : l’écriture d’un Sem enna werq (ሰምና ወርቅ).
Le Sem enna werq que l’on traduit littéralement par « la Cire et l’Or », est une figure de style et une tradition poétique majeure de la littérature éthiopienne en langues amharique et guèze.
La Cire (Sam) : C’est le sens littéral, superficiel et évident du poème ou de la phrase. Tout le monde peut le comprendre immédiatement.
L’Or (Werq) : C’est le sens caché, secret, profond et subtil. Il s’agit du véritable message que l’auteur souhaite transmettre, souvent dissimulé derrière un mot pivot.
La cire et l’or… La porcelaine et l’or… le kintsugi… Comment résister ?

Historiquement, cette forme d’expression servait à plusieurs fins :

  • La critique politique ou sociale : Permettait de critiquer les rois, les puissants ou le clergé sans risquer de sanctions, puisque le sens littéral restait totalement inoffensif.
  • L’humour et l’ironie : Utilisé par les troubadours éthiopiens (Azmaris) pour amuser le public ou lancer des piques subtiles lors des rassemblements.
  • L’élévation spirituelle : Très utilisé dans les textes religieux et l’éducation de l’Église orthodoxe éthiopienne pour exprimer des mystères théologiques profonds.

Ce n’est pas sans me rappeler les fabliaux que je faisais écrire, et que j’écrivais, avec mes élèves, il n’y pas si longtemps.

Il ne m’en fallait pas plus pour le « lancer ». Mon texte sera donc d’inspiration « sem enna werq ». Tout commencera dans un « azmari bet » (on va dire un café-théâtre). Mon azmari va se lancer dans une improvisation à partir d’une remarque acerbe faite à un fils par son père « on n’a pas besoin de poète dans la famille« .

Foule de personnages seront convoqués dans son sem anna werq : une éléphante, une hyène, un oryx, un gélada, un lion noir, un loup d’Abyssinie, un héron, un aigle et une hirondelle… Le gélada, le loup d’Abyssinie et le lion à crinière noire sont endémiques. Ce sera donc un « hommage » à l’Éthiopie.
Conte animalier philosophique, poésie en prose… Et le bonheur de voyager dans des paysages que j’aime tant : l’Éthiopie et notamment la vallée de l’Omo.

Pour m’accompagner dans cette folle aventure, Émilie, à qui je dois déjà de si belles illustrations (mon éléphant et ma mouche, sur ce site, le crapaud de Ce n’était pas le hasard, la jolie mouche de ma Newsletter, Et j’en passe…
L’éléphante et la porcelaine sera illustré.
Mais , je dois vous laisser, j’ai un loup d’Abyssinie à rencontrer !

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *